Parc national de Greenwich

11 novembre. Journée du Souvenir. Tout le Canada honore ceux qui sont tombés ou qui se sont battus pour en défendre la liberté. C’est une journée importante et tout le monde ou presque porte un coquelicot en épinglette. La veille, dans toutes les écoles, des cérémonies d’hommage ont eu lieu. L’hymne national y a été chanté avec un peu plus d’émotion que les autres jours. Des bricolages ont été réalisés, des poèmes écrits et récités, des couronnes de fleurs déposées. Les enfants témoignent, émus, des hauts faits de leurs (arrière-) grands-parents. Tous sont empreints de fierté. Et en particulier ceux qui sont venus me dire que leur aïeul avait participé à la libération de la Belgique et à la prise de Mons. Je les ai remerciés avec une émotion certaine.

Cette fierté nationale sonne étrangement à mes oreilles d’européen, à qui l’école n’a même jamais enseigné son propre hymne national, mais plutôt à considérer comme suspect tout ce qui ressemble à du nationalisme. Ici, la nation est un des ciments du corps social, et le sentiment d’identité nationale largement partagé. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais je ne suis certainement pas la bonne personne pour le faire.

Plus concrètement, ce 11 novembre, comme en Belgique, était un jour férié.

Et quel jour férié.

Un peu plus de vingt degrés.

Plein soleil.

Grand ciel bleu.

Petit vent léger.

Une mer calme.

On n’a pas boudé notre plaisir mais on n’a pas poussé non plus jusqu’à faire comme certains canadiens et se mettre les pieds dans l’eau.

Nous nous sommes rendus au Parc national de Greenwich, assurément un des plus beaux endroits de l’île. Le parc est situé à une demi-heure à l’Est de Charlottetown, le long de la côte Nord de l’île. Il est délimité au Sud par la baie St Peter, qui s’avance profondément dans les terres. Autrefois lieu de peuplement Mi’kmaq, les premiers colons français y ont prospéré (c’était alors le Havre Saint Pierre) avant de se faire déporter par les Anglais après la chute de Louisbourg. C’est aujourd’hui un parc national aménagé et protégé. Fait amusant : tous les panneaux de signalisation sont en trois langues : anglais, français et Mi’kmaq.

Vous reconnaîtrez en langue mi’kmaq les mots Kanata (Canada, pas de distinction sourde/sonore) et Epekwit (+ quelques suffixes, c’est une langue synthétique agglutinante), le berceau sur les vagues, nom de l’île.
Bon, je n’ai pas été plus loin que la leçon 1…

On rentre dans le parc par une partie boisée qui porte encore les stigmates de Dorian, l’ouragan qui a frappé l’île il y a deux ans. De nombreux arbres ont été cassés ou déracinés, ce qui donne parfois un air de désolation à la balade. À cette nuance près, l’endroit est magnifique, et mes piètres photos ne font pas honneur à la beauté du lieu.

Un lichen d’un vert parfois presque fluorescent prospère à de nombreux endroits.

On avance dans les bois jusqu’à un immense plan d’eau douce, qui donne sur de hautes dunes et puis, la mer !

Une dernière chose : Raphaël adore la mer et gère assez bien la course dans le sable !

Pas de congé ici en ce début novembre, sauf pour le 1er et le 11, mais ce jeudi et ce vendredi, tous les enseignants de l’Île sont en formation. Les filles ont donc congé, et votre serviteur se formera en ligne, la technologie s’étant mise au service de la prévention covid. A bientôt !

9 thoughts on “Parc national de Greenwich

  1. Mamy says:

    Bonjour les filles !!!Bravo Raphaël !!! Vive la liberté !!
    Vos enfants ont eu un ancêtre Général sur le front de l’Yser et un autre tué ( à 27ans) en représailles avec d’autres civils merci à eux et aux soldats canadiens americains anglais…. d ‘avoir combattu pour notre liberté ( même confinée !!!
    Gros bisous à tous…

    Ps je suppose que Juliette va apprendre l’hymne canadien mais n’oubliez jamais le belge !!!!

  2. Genevie says:

    le dernier tome, Rilla d’Ingleside, de LM Mongomery, se déroule tout au long de la première guerre et raconte le vécu des femmes restées sur l’île. Elles suivent (sans l’aide de facebook) pratiquement au jour le jour les avancées (ou les pertes) des soldats canadiens. La Belgique y est mentionnée à plusieurs reprises.

  3. Geneviève says:

    le dernier tome, Rilla d’Ingleside, de LM Mongomery, se déroule tout au long de la première guerre et raconte le vécu des femmes restées sur l’île. Elles suivent (sans l’aide de facebook) pratiquement au jour le jour les avancées (ou les pertes) des soldats canadiens. La Belgique y est mentionnée à plusieurs reprises.

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