On a fait exploser la bulle !

La bulle atlantique… ces termes ne vous disent probablement rien. Et pourtant, c’était jusque là le garant de notre sauvegarde face au vilain virus.

Les provinces dites « atlantiques », à savoir Terre-Neuve et Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouveau Brunswick et la Nouvelle Écosse avaient formé une « bulle », vaste zone au sein de laquelle les résidents pouvaient circuler librement, sans devoir se mettre en quarantaine lors d’un changement de province. Des mesures strictes de contrôle aux frontières extérieures vers le Québec, plus durement touché, avaient été instaurées, tandis que celle vers les États-Unis étant complètement fermée depuis belle lurette par le gouvernement fédéral.

Seuls les voyages essentiels étaient autorisés vers l’intérieur de la bulle, en très résumé, les transporteurs, les travailleurs essentiels et les personnes visitant les mourants. J’ai parlé par ailleurs des mesures que ceux-ci devaient néanmoins observer.

Bilan de l’opération : un très faible nombre de contaminations par rapport au nombre d’habitants.

Pour vous donner une idée, voici ce que la presse titrait hier encore :

Oui, vous lisez bien, on annonce les résultats d’un test… négatif. Le type a toussé deux fois il y a deux semaines, en y repensant il a fait sogne à tout le monde, on l’a testé, mais ouf il n’a rien. Et c’est dans le journal local. (Pour ceux qui croient que j’exagère, le texte original : « Leslie Labobe said he had a « bit of a cough » a couple weeks ago, so he was relieved Saturday when he called the Lennox Island Health Centre and received his COVID-19 test result — negative. » Article disponible ici).

Enfin ça c’était jusqu’à hier. La situation s’est brusquement dégradée au Nouveau Brunswick (un peu plus de 700 000 habitants), avec 15 nouveaux cas, pour un total de 89 cas actifs mais surtout un nouveau mort (pour un total de 7 depuis le début de l’épidémie). Le traçage de ces nouveaux cas est en cours, et des zones de quarantaine se mettent rapidement en place.

Les autorités sanitaires de l’Île et le Premier Ministre ont donc annoncé tout à l’heure (effet le jour même minuit) de se retirer de la bulle pour les 14 prochains jours. Concrètement, cela veut dire qui si quelqu’un veut rentrer depuis le NB (par le pont) ou la NS (par le traversier), il devra se mettre en quarantaine 14 jours. Peu d’impact pour nous, qui n’avions quitté qu’une seule fois l’Île pour aller visiter la baie de Fundy. Les économies sont cependant fort imbriquées : de nombreux insulaires apprécient passer le pont pour aller magasiner à Moncton ou à Halifax. Le mari d’une collègue par exemple est actuellement en mission jusque la fin de semaine au NB, et il ne sait pas quand ni comment il pourra rentrer. Sa fille étudie à Darmouth, NS. Tous espèrent une réouverture avant Noël.

Ces petits tracas nous font un peu sourire en comparaison au choc vécu en Europe, et qui ici ne trouve qu’un lointain écho. Les canadiens sont beaucoup plus sensibles et inquiets face au pic de 1000 cas quotidiens au Québec (8,5 millions d’habitants) ou des 1500 de l’Ontario (14,7 millions), pour 4700 sur l’ensemble du Canada, avec 49 morts en tout hier.

Prenez soin de vous ! Et bon rétablissement aux malades, à mon oncle en particulier.

4 thoughts on “On a fait exploser la bulle !

  1. Mamy says:

    Non!!!! décidément ce vilain virus nous fera tous tourner bourrique même si on ne l’attrape pas!!! Bon courage à tous les isolés !!! Reste à prendre son mal en patience
    🍩☕🍪🧁🥤🍼 Gros bisous à tous…depuis la vieille Europe confinée..

  2. Elisabeth says:

    Tour cela n’est pas joyeux… mais effectivement, vous avez choisi le bon moment pour vous installer sur votre île… Ici, la vie si animée du sud s’est arrêtée. On n’a pas profité du printemps toscan ni des couleurs de l’automne. Florence est entrée dans une nouvelle école aux murs nus et froids, et elle et ses petits compagnons de 6 ans doivent tenir leur masque toute la journée. Il est déjà prévu que je travaille depuis la maison jusqu’à avril… Même si cela n’est rien comparé à un séjour aux soins intensifs et à la perte d’un être cher, cela pèse sur le physique et sur le mental des petits et des grands… Profitez bien, malgré le froid, de la liberté et de l’air du large! On vous embrasse!

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